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04/05/2020

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Philosophons

A VOS PLUMES ! 

PHILOSOPHIE ET POÉSIE

Et si nous échangions nos idées ?

Agnès nous propose d'échanger à partir de 2 questions.

 

Edgar Morin et la crise du covid

Extrait de l’entretien qu’Edgar Morin accordé au journal Le monde du 19 avril 2020

A propos de la « crise existentielle » que représente la pandémie liée au covid 19 :

Question 1:

Assiste-t-on à une véritable prise de conscience de l’ère planétaire ?

Réponse d’Edgar Morin :

 « J’espère que l’exceptionnelle et mortifère épidémie que nous vivons nous donnera la conscience non seulement que nous sommes emportés à l’intérieur de l’incroyable aventure de l’Humanité, mais aussi que nous vivons dans un monde à la fois incertain et tragique. La conviction que la libre concurrence et la croissance économiques sont panacées sociales escamote la tragédie de l’histoire humaine que cette conviction aggrave. La folie euphorique du transhumanisme porte au paroxysme le mythe de la nécessité historique du progrès et celui de la maîtrise par l’homme non seulement de la nature, mais aussi de son destin, en prédisant que l’homme accédera à l’immortalité et contrôlera tout par l’intelligence artificielle. Or, nous sommes des joueurs/joués, des possédants/possédés, des puissants/débiles. Si nous pouvons retarder la mort par vieillissement, nous ne pourrons jamais éliminer les accidents mortels où nos corps seront écrabouillés, nous ne pourrons jamais nous défaire des bactéries et des virus qui sans cesse s’automodifient pour résister aux remèdes, antiviraux, vaccins. »

               

Question 2

Quels sont les contours de cette déflagration mondiale ?

Extrait  sur la leçon de la crise vue d’un point de vue existentiel:

« En tant que crise existentielle, elle nous pousse à nous interroger sur notre mode de vie, sur nos vrais besoins, nos vraies aspirations masquées dans les aliénations de la vie quotidienne, faire la différence entre le divertissement pascalien qui nous détourne de nos vérités et le bonheur que nous trouvons à la lecture, l’écoute ou la vision des chefs-d’œuvre qui nous font regarder en face notre destin humain. Et surtout, elle devrait ouvrir nos esprits depuis longtemps confinés sur l’immédiat, le secondaire et le frivole sur l’essentiel : l’amour et l’amitié pour notre épanouissement individuel, la communauté et la solidarité de nos « je » dans des « nous », le destin de l’Humanité dont chacun de nous est une particule. En somme, le confinement physique devrait favoriser le déconfinement des esprits. »

                                                                                               Edgar Morin, sociologue et philosophe.

À vos plumes :

Quelles questions vous suggère le texte ?

En quoi ces analyses peuvent-elles être mises en application ?

 

Vous pouvez envoyer vos écrits à l'adresse communication@aqcv.org


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